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publié sous la direction de J.Y. LESOUEF - Collectif, 616 pages, 1998

Degemer mat d’an holl ! Bienvenue à tous ! Sachant combien vous êtes tous persuadés que la diversité, qu’elle soit biologique ou culturelle, est source de richesse, je n’hésite pas à utiliser la langue bretonne pour vous souhaiter la bienvenue à Brest au nom de mes collègues des Conservatoires Botaniques Nationaux. Il y a dix ans tout juste, nous avions eu le plaisir d’accueillir à Brest un colloque sur les plantes menacées de disparition, organisé conjointement par l’Association Française pour la Conservation des Espèces Végétales et le Bureau des Ressources Génétiques, colloque que les rédacteurs du Livre Rouge de la flore menacée de France nous ont fait le plaisir de considérer comme « un tournant » dans l’histoire de la protection de la flore. Puissent nos travaux de 1997 être suffisamment fructueux pour être le point de départ d’une nouvelle avancée. Il y a dix ans, souvenez-vous, nous établissions le bilan de la protection de la flore, un peu plus de dix années après la grande loi du 10 juillet 1976 sur la protection de la nature. Bilan des connaissances sur la flore menacée auquel s’attachaient de nombreuses communications, bilan des outils de protection d’autre part. Il y a dix ans, le programme d’inventaire des Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique n’était officiellement lancé que depuis cinq années et nous ne pouvions qu’anticiper la place considérable que cet inventaire, qui mobilisait très largement la communauté des naturalistes, allait prendre au fil du temps. La consultation des botanistes pour la réalisation du Livre Rouge de la flore menacée de France venait tout juste d’être lancée ‘et, optimistes, nous ignorions encore qu’il nous faudrait huit années pour aboutir à la publication du premier tome concernant les espèces prioritaires. Il y a dix ans, seules trois listes régionales d’espèces végétales protégées, celles de Corse, de Réunion et de Bretagne, étaient venues compléter la liste nationale établie par l’arrêté du 20 janvier 1982. Seuls vingt arrêtés de biotope concernaient spécifiquement des espèces végétales (14 autres concernant à la fois les plantes et les animaux) et la connaissance par les botanistes et naturalistes du dispositif légal de protection de la flore était si imparfaite que nous avions accueilli avec le plus grand intérêt les communications juridiques inhabituelles dans un tel cadre. Si, depuis 1979, la convention de Berne interpelait les Etats sur leurs responsabilités dans la préservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l’Europe, rappelons qu’elle ne fut ratifiée par la France qu’en 1989. Bien qu’on eût pu déjà trouver dans la communication de Cyril de KLEMM en 1987 les principes qui devaient présider à la mise en place de la directive « Habitats » par la C.E.E. en 1992, nous étions fort loin d’imaginer à l’époque ni l’émergence rapide de cette directive, ni la place qu’elle prendrait dans le contexte national de la protection de la nature, ni les réactions et blocages qu’elle susciterait. 11 y a dix ans, parallèlement au réseau des espaces naturels constitué par l’Etat: parcs, réserves naturelles et réserves biologiques domaniales, terrains du Conservatoire du Littoral, les Conservatoires Régionaux d’Espaces Naturels, encore peu nombreux, venaient, dans la suite de l’expérience alsacienne, étoffer progressivement la trame des espaces protégés et la gestion de ces espaces s’affirmait comme une nécessité incontournable. 11 y a dix ans, les Conservatoires Botaniques n’étaient qu’au nombre de trois et n’étaient pas encore « nationaux ». Gageons que le colloque organisé à Brest en 1987 ne fut pas totalement étranger à l’émergence, dans les mois qui suivirent, d’un réseau de « Conservatoires Botaniques Nationaux », agréés par le Ministère de l’Environnement, réseau dont l’ambition est de couvrir à terme le territoire national. J’arrêterai là ces quelques rappels historiques dont la seule ambition est de montrer combien l’évolution du champ de la protection de la flore fut importante au cours des dix dernières années et légitimes un nouveau bilan et l’élaboration d’une stratégie de protection de la flore pour le XXIème siècle. Nombreux sont ceux d’entre vous qui en 1987 étaient déjà présents et je me réjouis que vous ayez de nouveau répondu si nombreux à notre invitation. Permettez-moi cependant d’évoquer, parmi les compagnons de route auxquels la vie n’a pas permis d’être de nouveau à nos côtés, trois personnalités, dont l’action s’est inscrite au coeur des thèmes que nous évoquerons durant ces trois jours et qui étaient pour moi des amis de longue date. En 1987, François de BEAUFORT, représentant le Ministre de l’Environnement, prononçait l’allocution d’ouverture du colloque de Brest. Dès les années 1970, il fut le premier, au Ministère de l’Environnement, à soutenir la création du conservatoire botanique de Brest, puis d’un réseau de conservatoires complémentaires géographiquement, avant de s’atteler, au Muséum National d’Histoire Naturelle, à la création du Secrétariat de la Faune et de la Flore dont il fut le premier directeur. Grand spécialiste du loup, François nous aura malheureusement quittés juste avant le retour de ce magnifique animal dans notre faune. Jean-Paul GALLAND nous a quittés brutalement l’an passé, victime de l’explosion du vol 800 de la 1WA. Au cours de sa carrière au Ministère de l’Environnement où il était chargé plus particulièrement de la préservation de la flore, il a joué un rôle prépondérant dans l’émergence de la notion de « conservatoires botaniques nationaux » et dans le développement du réseau de ces conservatoires. Chacun connaît en outre son implication dans la réalisation du livre rouge de la flore menacée de France. Homme orchestre de la conservation végétale au Ministère de l’Environnement, il a beaucoup oeuvré pour la prise en compte des problèmes de la flore au niveau national comme au niveau international. Albert LUCAS, biologiste marin, était sans doute moins connu des botanistes si ce n’est des spécialistes des cistes vers lesquels son goût personnel l’avait porté et qui venaient parfois de fort loin visiter sa collection. En Bretagne, son nom est associé à la création de la S.E.P.N.B., l’une des plus importantes parmi les associations françaises de protection de la nature. Ce pionnier de la protection de la nature figurait également parmi les premiers enseignants engagés dans la création de ce qui allait devenir l’Université de Bretagne Occidentale. Compagnon de route du Conservatoire Botanique de Brest depuis les premiers jours, il en présida, jusqu’à son décès, le conseil scientifique. Je tenais avant que nous débutions nos travaux à évoquer ces trois personnalités qui ont marqué si fortement de leur empreinte l’histoire de la conservation en France. Je vais solliciter encore quelques minutes de votre attention pour remercier tous ceux qui ont contribué à l’organisation de ce colloque sous l’égide des Conservatoires Botaniques Nationaux. Je voudrais en particulier remercier Madame la Ministre de l’environnement qui a accepté de placer ce colloque sous son haut parrainage, Madame Marie Odile GUTH, directrice de la Nature et des paysages qui la représente aujourd’hui, ainsi que l’ensemble des membres du comité de parrainage, avec une mention toute particulière pour la Société Botanique du Centre-Ouest et son Président Rémy DAUNAS, qui a accepté de nous apporter toute son aide et son savoir-faire pour assurer la publication des actes de ce colloque. Nous remercions donc pour la confiance qu’il nous ont accordée: – l’Université de Bretagne occidentale -le Service du Patrimoine Naturel (ex Secrétariat de la Faune et de la Flore) – la Société Botanique de France – l’Association Française pour la Conservation des Espèces Végétales – le Bureau des Ressources Génétiques – le Centre Thématique Européen pour la Conservation de la Nature – l’O.R.S.T.O.M. : l’office pour la recherche scientifique dans les départements d’outre-mer – l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature – le WWF France Merci à Bernard Brillet, Directeur Régional de l’Environnement de Bretagne, pour l’appui qu’il nous a apporté. Je voudrais également remercier les membres du comité d’organisation ainsi que l’ensemble de l’équipe du Conservatoire Botanique de Brest pour l’appui apporté à Jean-Yves LESOUEF et Patrick PÉRON qui furent les chevilles ouvrières de la coordination et de l’organisation pratique du colloque. Parce que sans leur appui financier nous n’aurions pu organiser ce colloque, je souhaite enfin adresser mes remerciements au Ministère de l’Environnement, au Conseil Régional de Bretagne, au Conseil Général du Finistère et à la Ville de Brest. Leurs aides ont répondu aux exigences de notre budget et tous ceux qui ont eu à établir et gérer l’équilibre délicat du budget d’un colloque apprécieront combien il est réconfortant d’avoir en pareille circonstance des partenaires sur lesquels on peut compter. Parce qu’ils ont accepté d’être à nos côtés et de sponsoriser ce colloque les Caisses d’Epargne de Bretagne et la société Orgabureau ont également notre gratitude. Je vous remercie de votre attention et vous souhaite à tous un bon colloque.